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MIGRARTION

OPENING JEUDI 2 février à partir de 18h30

 

2 > 26 février 2017
lundi > samedi – 13h30 > 19h30

 

Melkart Gallery & Espace Christiane Peugeot
www.espacechristianepeugeot.org
www.melkartgallery.com

 

 

Grâce à une collaboration dynamique et une volonté politique partagée, la Melkart Gallery et l’Espace Christiane Peugeot se réunissent autour du projet MIGRARTION.

 

Du 2 au 26 février, MIGRARTION présente 24 artistes plasticiens internationaux explorant les enjeux actuels du plus ancien des phénomènes sociaux : la migration.
Attentives aux bouleversements géo-politiques qui secouent le bassin Méditerranéen depuis plus de quinze ans, diverses sensibilités et pratiques artistiques retracent ce profond déracinement humain.
Opérant sur le déplacement comme mouvement collectif naturel et politique, les auteurs de MIGRARTION interrogent la notion d’origine et d’identité.

 

MIGRARTION
Espace Christiane Peugeot
www.espacechristianepeugeot.org
62 av. de la Grande Armée,

75017 Paris
M°Porte Maillot / Argentine – PLAN

 

 

 

Francesca Di Bonito à la Melkart Gallery

 

INTERVIEW VIDÉO –  NEWS ART TODAY

 

 

 

 

Jusqu’au 10 NOV 2016

mardi > samedi / 14h > 19h

 

MELKART GALLERY
www.melkartgallery.com
3, rue Blondel
75003 Paris

 

 

 

DOSSIER DE PRESSE DE L’EXPOSITION

 

Les photographies de Francesca Di Bonito possèdent un pouvoir de séduction évident. Elles ont cette capacité de happer le regard au premier abord, que l’on pourrait expliquer par la surprise, cette faculté de montrer une image jamais encore vue, d’une beauté ou d’une laideur inédites. Sous-tendues par un discours très fort qui appartient au champ de la politique, de la sociologie ou bien à celui de la fantasmagorie, les photographies de Francesca Di Bonito portent un champ narratif invisible qui n’est certainement pas indifférent à l’attrait exercé. Mais il y a quelque chose en plus de tout ceci, quelque chose qui n’a rien à voir avec la qualité technique, avec la surprise et l’originalité, ou avec la trame narrative et idéologique. Une chose qui doit retenir notre attention, parce qu’elle est au centre des enjeux de la photographie, et des métamorphoses que les technologies contemporaines, numériques notamment, lui ont imprimées. Dans toutes ses séries, Francesca Di Bonito propose ce passage entre le réalisme et la fiction, lequel passage n’est jamais à sens unique, mais, au contraire, s’organise comme un jeu: il faut partir du réel pour montrer l’imaginaire, et mettre en scène l’imaginaire pour mieux revenir au réel. Si l’on posait qu’il s’agit du premier point d’équilibre auquel Francesca Di Bonito veut amener ses images, cela pourrait nous servir à en comprendre le pouvoir d’attraction. Pourquoi nous les trouvons étranges, dérangeantes, voire captivantes, pourquoi nous sentons tout de suite qu’elles tiennent un discours très construit, quand bien même ce discours relèverait de l’énigme, cela tiendrait peut-être à ce savant aller-retour entre le réalisme, la convention, le genre, d’une part, et l’imaginaire, l’exception, la transgression, d’autre part. Ce que ces œuvres nous révèlent, c’est au fond que notre regard est aussi organisé ainsi : dans quelque chose que nous voyons, nous plaçons entre les photons de lumière qui atteignent notre œil puis notre cerveau autant de discours qu’il y a de pages dans l’Encyclopédia Universalis. Toutes nos lectures, et elles incluent les mystères et le charme d’écrivains comme Gérard de Nerval, Marcel Proust, Italo Calvino, Philippe K. Dick, sont dans notre regard. Nous voyons à travers les milliers de pages que nous avons lues, les millions d’images que nous avons regardées. C’est ce que nous disent les oeuvres de Francesca Di Bonito. Notre regard n’est jamais innocent, jamais pur, mais au contraire nourri, gorgé de références. C’est peut-être le secret de cette « beauté convulsive », selon l’expression d’André Breton, que nous reconnaissons d’emblée aux travaux de cette plasticienne. L’autre réponse au mystère du pouvoir d’attraction des images de Francesca, tient à un autre jeu sur les limites, entre image fixe et image animée. Sortie Fauve est évidemment le cas le plus abouti d’une série de photos qui pourraient être issues d’un film. Mais ce n’est pas le seul. Si nous reconnaissons immédiatement dans les séries de Francesca Di Bonito quelque chose de très contemporain, c’est aussi, certainement, parce que nous sommes habitués aux métamorphoses de la photographie, depuis une vingtaine d’années, sous le coup des technologies numériques, qui ont accompagné la pénétration des images dans nos vies, jusqu’à créer ce que Yves Michaud désigne sous le concept de « l’art à l’état gazeux ». L’image est omniprésente, et l’image est polymorphe, intrusive, insistante. Comme dans les romans de Philippe K. Dick, elle s’insinue jusque dans le moindre recoin de nos vies privées, parce qu’elle est déclenchée par un capteur qui nous voit. Cette image qui est fixe un moment devient film le moment d’après, parce qu’il n’y a plus de limite entre image fixe et image animée, grâce ou à cause des technologies numériques. Cette dissémination de l’image dans le corps social, sur toutes sortes d’écrans, les séries de Francesca Di Bonito en portent la trace. Elles sont fixes, mais on les dirait animées. Elles ne se soucient plus, à vrai dire, de cette différence. La qualité que nous percevons dans les œuvres photographiques et plasticiennes de Francesca Di Bonito, comme dans toute œuvre d’art achevée, ne peut s’expliquer totalement. Aucun regard ne l’épuise. Il faut toutefois compter avec ces deux points d’équilibre présents dans son travail, ces deux limites avec lesquelles elle joue. Entre la photo composée comme une scène et la photo réaliste, celle de l’instant décisif, les glissements sont inévitables, ils constituent l’histoire de notre regard. Entre l’image fixe et l’image animée, notre perception ne choisit plus, parce que nous vivons dans le flux des images, qui jamais ne s’arrêtent, et c’est ce que nous reconnaissons, inconsciemment, en voyant les oeuvres de Francesca. Son travail nous révèle un état contemporain du monde des images, qui s’ignore, le plus souvent, mais dont un révélateur nous permet de mesurer les métamorphoses.

 

Xavier Malbreil est écrivain et critique d’art. Il se partage entre l’enseignement de Narratologie (Master de Création Numérique, Université de Toulouse II), l’écriture et la programmation d’expositions. Il collabore à diverses revues comme Docks, La voix du regard, Formules, RiLUne.

 

MELKART GALLERY
www.melkartgallery.com
3, rue Blondel
75003 Paris
+33 (0)1 40 09 07 42
melkartgallery@gmail.com
du mardi au samedi de 14h à 19h00

 


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Reliques actuelles

Reliquaires; technique mixte, coquillages, visuels photographiques, perles, 2016
http://www.francescadibonito.com/reliques-actuelles/

 

Depuis le début des années 2000, selon les estimations de l’IOM (International Organization for Migration), plus de 25,000 migrants et réfugiés seraient décédés en traversant la Méditerranée.

 

Des reliques, un témoignage plastique, un hommage.

 

Des coquillages décorés de motifs imitant la joaillerie classique des reliquaires hébergent des images, tirées d’internet, de corps de migrants et réfugiés échoués en Méditerranée.

La relique est ce qui reste d’un corps ou d’une existence préservée, transfigurée, sacralisée. La relique est une matière, un fragment, un reste, une trace.

Une sorte d’équivalent matériel de l’âme puisque la relique a traversé l’épreuve de la destruction.

 

Reliques actuelles 04_Reliquaire; technique mixte, coquillage, visuel photo, perles, 2016

 

Si la nécessité de maîtriser le réel et ses menaces, fait que l’individu s’attache à la matérialité du témoignage des restes, les reliques de ce témoignage plastique ne sont pas objets de dévotion ni de vénération.

Reliques actuelles fige la présence déstabilisante de l’anti-héros désacralisé, de l’immigré oublié, de l’étranger anonyme abandonné, comme sujet vivant et actuel.

Employés dans leur fonction symbolique de lien et de connexion avec ce qui a existé, ces objets donnent à réfléchir à notre responsabilité humaine et politique.

Reliques et reliquaires à la fois, ces dispositifs plastiques symboliques et mémoriels nous invitent à réactiver une mémoire, une pensée et une lecture du monde.

 

Reliques actuelles 02_Reliquaire; technique mixte, coquillage, visuel photo, perles, 2016

 

Reliques actuelles 01_Reliquaire; technique mixte, coquillage, visuel photo, perles, 2016

 

La série complète : http://www.francescadibonito.com/reliques-actuelles/

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LAB44 Gallery présente CHAIRS DÉVOTES

Les Chairs Dévotes de Francesca Di Bonito

Simone DIBO-COHEN
Commissaire de l’exposition

 

Dossier de presse LAB44 Gallery / Chairs Dévotes

 

La série Chairs Dévotes de l’artiste Francesca Di Bonito est l’exemple même d’une œuvre qui s’est construite sur un parcours d’expériences et de recherches plastiques au service d’une réflexion profonde sur les liens entre le sacré et l’humain dans sa réalité organique et métaphysique.

Les œuvres que nous présente Francesca Di Bonito sont monumentales comme le sont les sculptures qu’elle a observées et photographiées avec une précision quasi chirurgicale. Son regard et sa pensée aiguisés nous poussant à interroger nos existences et celle de l’humain dans toute sa complexité.

Au départ est donc la photo. Moins vivante que la sculpture puisque perdant dans sa représentation le volume initial de la matière et sa sensorialité. Et cela n’aurait que peu d’intérêt si Francesca Di Bonito en restait là. Mais ce n’est justement qu’une fois la photo faite que le véritable travail de cette artiste commence !

Dans un lent processus créatif, avec une extraordinaire minutie et une dextérité d’artisan ou de médecin, à petits points de couture, avec des matériaux aussi divers que des perles, des bas de nylon, des dessins d’organes insérés dans leur réalité la plus crue, l’artiste détourne et modifie l’identité religieuse du sujet photographié pour mettre à jour un long cheminement intellectuel aboutissant à une vision du monde exceptionnellement humaine. Réfléchie et décortiquée, comme pourrait le faire un légiste du corps et de l’âme.

Et ce qui n’était qu’une photo d’une œuvre sculptée devient alors une photo sculptée d’une manière totalement contemporaine où les liens dévoilés entre le sacré et le réel nous interpellent et nous bousculent. Les figures religieuses de cette série ont des organes qui gargouillent, des désirs de chair, des muscles qui s’affichent comme des nouvelles peaux, des membres décortiqués dont la taille parfois exagérée signifie nos principales angoisses et inquiétudes.

Et les titres polysémiques qu’elle choisit pour chacune de ces pièces monumentales, La Vanité du foie, L’Apnée du jugement, Réflexion marine ou Promenade fertile, au risque de paraître provocateurs, ne peuvent que nous inviter à réfléchir à notre statut d’être humain empreint de culture judéo-chrétienne.

Mais le message délivré est aussi politique à plus d’un titre. D’abord parce qu’à l’œuvre originelle, tel ce Saint François d’Assise entouré de ses disciples, l’insertion minutieuse de plus de 400 pierres et bijoux, comme un envahissement de la richesse grignotant progressivement le symbole premier de la pauvreté, nous ramène à l’actualité d’un monde mercantile où l’argent roi assassine une partie de l’humanité.

Mais aussi parce que dans l’époque si troublée que nous vivons une certaine forme de désacralisation du sujet tel que l’opère l’artiste des Chairs Dévotes est l’expression même du droit à la liberté de critiquer et de réfléchir pour ne pas que la pensée se fossilise et pour que l’homme renouvelle des valeurs qui autorisent une évolution et un devenir meilleur.

Dans la tradition de l’artiste portant un message fort, qui nous questionne sur notre pensée individuelle et collective, Francesca Di Bonito nous offre une œuvre contemporaine, excessivement subtile dans sa formulation plastique et d’une puissance rare par les interrogations philosophiques qu’elle véhicule.

 

Simone Dibo-Cohen est présidente de l’UMAM (Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne) et des Biennales qui lui sont liés.

 

 

 

Chairs Dévotes

Série de sept sculptures photographiques, photographies & objets divers, cousus, montés sur bois, 260 x 150 x 12-16 cm (4 oeuvres) // 130 x 100 x 12 cm (3 oeuvres), 2014
http://www.francescadibonito.com/chairs-devotes-6/

 

Chairs Dévotes puise ses origines dans une recherche sur le corps humain sculpté et sa revisitation photographique. À des photographies de statues classiques et religieuse, j’ai intégré des dessins d’organes humains pris dans d’anciennes encyclopédies anatomiques. La couture et la broderie, pratiques familières depuis mon plus jeune âge, m’ont ensuite permis d’assembler en volume des matières du réel, du quotidien. Les visuels des corps sculptés s’imprègnent ainsi d’une histoire humaine qui glisse le long des fils et des épingles, points d’ancrage d’une chronique terrienne. Détournant le religieux pour l’emmener vers le terrien et l’organique, le volume s’impose comme un équilibre entre la lourde masse de ces icônes et leur réductif témoignage photographique. L’oeuvre se constitue ainsi de totems hybrides, de sculptures photographiques drapées d’ironie qui ramènent le sacré dans les enjeux existentiels du vécu humain.

 

Détail_MADRE, sculpture photographique, technique mixte, 260 x 160 x 16 cm, 2014

 

Promenade fertile, sculpture photographique, technique mixte, 200 x 100 x 12 cm, 2014

 

La Castration de l’amour, technique mixte, 130 x 100 x 12 cm, 2014

 

La Vanité du foie, sculpture photographique, technique mixte, 130 x 100 x 12 cm, 2014

 

Le décor de la Paix, sculpture photographique, technique mixte, 230 x 150 x 16 cm, 2014

 

Détail_L’apnée du jugement, sculpture photographique, technique mixte,130 x 100 x 12 cm, 2014

 

Chairs Dévotes Textes & Fiches techniques – FR

 

Dossier de presse 2015 Francesca Di Bonito-FR

Press Release 2015 Francesca Di Bonito-EN

 

 

Chairs Dévotes

Devout Fleshes

Series of seven photographic sculptures, photographs and sundry objects mounted on wood, 260 × 150 × 12-16 cm (4 works), 130 × 100 ×12 cm (3 works), 2014

 

Chairs Dévotes finds its origins in work on the human body as sculpted, and photographically reinterpreted by me. For years I photographed life-size statues with classical features and of mystic, even religious, look.

Perusing late-nineteenth-century medical encyclopaedias, it came to me that human tissues and organs, flesh-coloured and drawn with the precision and fineness typical of scientists, were to be applied to the cold bodies of those statues.

In this work I found that I could not do without plastic volume to balance out the heavy mass of the statues’ bodies and their reductive photographic rendering. This puts the work squarely into place like a totem in space. Using the techniques of sewing and embroidery, familiar to me since a child, I assembled fragments of reality into a fiction, this fiction in turn taking upon itself very reality, very life. Those stone or bronze statues get enriched with a human story that weaves its way along the threads, the pins and the needles—anchoring points for a terrestrial chronicle.

Chairs Dévotes is a work rich in multiple meanings and underpinned by political views—political in its etymological meaning of citizen, from the Greek πολῑτικός.

In it I concern myself with the sacred, down to its most humanistic roots. Taking the religious, I displace and divert it towards the terrestrial and the organic. But, far from censoring the nobility of the credo, I extend its validity to the realms of matter and volumes. The series’ characters are confronted with an alternative possibility, with a human and individual dimension of faith.
The figurative depiction shows mystic, even religious poses—in stone. But it is nonetheless from this inorganic nature that the human and its entrails are born and overflow. These sculptures, draped in irony and adorned with ordinary, familiar accessories, bring the sacred back to bear in the dailiness of life. Thus the sacred, loaded with reality and its objects, asserts its presence in each parcel of those bodies, both human and inorganic as they are.

Hybrid totems, conducive to universal reflection about the finiteness of man and the eternal unknown.

 

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Francesca Di Bonito

Photographe plasticienne

 

 

Photographe et plasticienne, j’utilise le médium photographique dans sa nature d’outil et support, le faisant devenir élément plastique à part entière.
Première, la photographie intègre d’autres pratiques et procédés contemporains comme la performance, l’installation, l’imagerie médicale jusqu’à devenir volume, socle de grands assemblages sculpturaux.

Mon travail s’inscrit dans le champ de la narration.
Il reconstruit une histoire qui figure et raconte les épisodes de la vie que nous tous partageons : le passé et sa mémoire, le réel et ses pertes, l’individu et son devenir. Sur un ton ironique, j’emploie des artefacts et des simulacres, ainsi que le rapprochement incongru des contraires, afin de m’écarter du destin biologique et réel de chacun pour mieux atteindre les dynamiques humaines dans leur contexte social, politique, religieux.
De ce fait, si une trame narrative se perçoit aisément, chaque image contient en elle un point focal qui en fait un discours unique et complexe.

Grâce à des techniques de manipulation et d’intervention sur le support, par une pratique qui est de l’ordre de la production numérique, de l’action manuelle et de l’intrusion plastique, je continue à explorer le médium photographique.
Mes oeuvres retranscrivent ainsi les éléments figuratifs bruts du réel, ses objets ordinaires ou anodins. En prenant appui sur la photographie de témoignage plutôt que sur des images aux traits réalistes et classiques, je les détourne, les déforme parfois, leur conférant ainsi de nouveaux volumes, une nature inédite.

La maîtrise des techniques digitales et des procédés plastiques me permet d’approcher au plus près la réalité pour mieux me diriger, paradoxalement, vers la fiction. Ainsi, pratiquant par croisement et métissage, le récit n’est plus à sens unique mais s’organise comme un jeu de va-et-vient. Il s’agit de partir du réel pour montrer l’imaginaire, et mettre en scène l’imaginaire pour revenir au réel.
Deux faces d’une même pièce, deux natures du même être. La déconstruction du réel et la construction des fictions s’alternent ainsi au sein d’une chronique de vie.

Aussi, je fais appel à la mise en scène.
À l’instar du tableau vivant, et de l’usage qui en a été fait par les surréalistes, ce dispositif me guide dans l’exploration d’une imagerie fantastique peuplée de figures grotesques qui mettent en scène le questionnement identitaire et sexuel. Souvent transfigurés, ces acteurs jouent un récit tendu à la frontière entre réel et fiction, interrogeant les limites et les archaïsmes de la soi-disant modernité.
Personnes ou sujets inorganiques qui, dirigés ou manipulés, construisent une histoire mettant l’accent sur l’interprétation des rôles liés aux enjeux sociaux et existentiels.

La fiction est en effet première pour rendre compte du réel le plus commun et partagé, puisqu’il s’agit d’un récit de vie. C’est ainsi que l’amour, la mémoire et le corps s’éloignent de leur réalité physiologique faisant se répondre, comme l’ombre et la lumière, la vie et la mort que tout oppose. L’inévitable « nature des choses » avec son lot terrible de manque et privation se confronte alors à l’ironie et à l’autodérision. À l’âme d’y faire son chemin, cathartique et futile à la fois !

Le figuratif et plus précisément l’usage du corps, comme support d’inscription plastique et d’écriture intime à la fois, est dans ma pratique, le lieu où peuvent se lire les expériences de notre rapport au monde. Surface d’échange et de communication, il révèle sa tendance à être occulté, reconnu, banalisé, aimé. Dans un processus de métamorphose, grâce à la convergence de plusieurs procédés et outils, les corps de ma recherche sont sujets à des pratiques d’hybridation. Ils se transforment en univers polysémiques où résonne la condition humaine et remettent ainsi en cause les stéréotypes sociaux, religieux, sexuels.

Altérées, mutantes, sujettes à leur propre métamorphose, les figures de mes séries, parées d’humour, deviennent des êtres surnaturels qui balisent la frontière entre réel et fiction en appelant aux aspects les plus intimes et communs de l’Homme et de son histoire.

 

Dossier de presse 2015 Francesca Di Bonito-FR

Press Release 2015 Francesca Di Bonito-EN

 

 

Family X Ray 04_Edition of 3 (1/7)_200 x 150 cm_2010

 

 

Francesca Di Bonito

Photographer and plastic artist

 

A photographer and visual artist, I make use of the photographic medium in its quality as tool and support and turn it into a plastic element in its own right.
While photography has always been a starting point with me, I incorporate into it other contemporary practices and processes, such as performances, installations or medical imaging, so that it acquires volume, becoming the base of large sculptural assemblies.

My work further constructs narratives.
It recreates stories, stories depicting and telling episodes of the lives we all live: the past and its memories, reality and all our losses, indviduals and what they become in life. In an ironic tone, I use artefacts and simulacra, as well as unexpected parallels between opposites. Not content with the real, biological fate of us all, I go and explore what drives humanity in its social, political and religious contexts.
The narrative framework thus obtained does not however rob each individual image of its own focal point, of what makes it a unique and complex discourse.

I am ever pursuing my exploration of the photographic medium, manipulating and otherwise acting on the photographic support itself, be it manually or digitally, and generally through plastic interference with it.
My works start with the raw figurative aspects of reality, of its ordinary, insignificant objects. Using pictures depicting aspects of ordinary life, rather than with more realistic or classical photography, I reappropriate them, sometimes distorting them and giving them new volume, changing their nature.

A good control of digital techniques as well as of plastic processes allows me to both get in closest touch with reality and, paradoxically, go the way of fiction. Through crossing and crossbreeding, the stories I put forward stop being one-way stories and take the shape of constant toing-and-froing—starting from reality to show the imaginary, the imaginary world I stage brings me back towards the real.
Two sides to a same coin, two aspects of a same being.
Deconstructing reality and constructing fictions thus take turns within the same chronicle of life.

Similarly my works are staged.
Much like tableaux vivants, as used amongst others by the Surrealists, this approach guides me through the exploration of a fantastic imagery filled with grotesque figures that stage a whole questioning of sex and identity. Often transfigured, those actors play out stories hinging at the border between reality and fiction, questioning the limitations and the archaic aspects of so-called modernity.
Persons or inorganic objects, be they directed or manipulated, give rise to stories highlighting the interpreta­tion of roles and their social and existential stakes.

Fiction is indeed the prime building stone in my depiction of reality in its most common and shared form—since it is all about telling a life story. Thus love, memory and the body move away from their physiological reality, bringing into mutual play, as is the case with light and shadow, ever opposing life and death. The unavoidable “nature of things”, with its frightful trail of deprivation and hardships, is thus exposed to irony and self-mockery. And it is left to souls to find their way in that fictional world, both cathartic and futile!

In my form of artistic work, the locus where can be read our experience of our relationship with the world is the figurative, more precisely the use of bodies, serving as support both for plastic expression and for writing about our innermost. Bodies provide surfaces for exchange and communication, revealing how they can be suppressed, trivialised, recognised or loved. In my research, bodies are the object of a process of metamorphosis wherein converge sundry tools and processes, the locus of hybridisation work. The result is a set of worlds rich in multiple meanings, that reflect the human condition, and also question social, religious or sexual stereotypes.

Transformed, mutant, subject to their own metamorpho­sis, the figures of my series, fronting humour and sarcasm, become supernatural beings striding the border between reality and fiction, evoking the innermost and most common aspects of men and their histories.

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Diptyques & triptyques

 

Sortie Fauve

http://www.francescadibonito.com/sortie-fauve/

En attente

http://www.francescadibonito.com/en-attente/

Emancipation

http://www.francescadibonito.com/sortie-fauve-2/

 

La forme du diptyque et du triptyque, renvoyant au registre pictural, me permet d’explorer la durée de l’acte photographique, de le considérer comme un « montage de temps » afin de traiter une temporalité autre que l’instantané. Cherchant à traduire la longueur et l’écoulement du temps, à la manière des modèles pré-cinématographiques de la fin du XIXe siècle. Cette pratique de l’instant patient induit à un échange avec le sujet photographié, un jeu dialectique qui produit une écriture photographique de la métaphore, de l’allégorie, du récit.

Basés sur la progression du regard, ces dispositifs, enrichis de divers procédés visuels et multimédias, abordent le rapport entre image fixe et animée, figurative et abstraite.
Je questionne ainsi le statut de l’image photographique et son évolution.

Dans le sens de ma démarche, je me sers de ces séquences pour monter des fictions afin de mieux joindre et évoquer la réalité de la condition humaine, et féminine en particulier.

Ainsi, l’enregistrement photographique de la performance Sortie Fauve souligne la frontière fragile entre civilisation et animalité, image fixe et image animée.
Comme des extraits d’un film tourné en caméra fixe défilant en boucle, ces trois images brouillent et dérèglent les limites des genres visuels.
Telle une fantasmagorie visuelle, cette œuvre confronte un cadre extrêmement rigide, si typique de la civilisation de l’automobile et de l’empilement humain, et un modèle féminin qui donne à voir la fiction de la vie sauvage contrariée par ce cadre souterrain. Reflet de l’etat réel, et encore actuel, du rôle de la femme dans la société moderne.

Emancipation est un collage numérique sur photographie argentique.
D’un fragment de mur ancien sortent des petits membres de femmes. Deux volets, l’abstrait et le figuratif, et plusieurs strates de lectures qui bousculent la figuration et révèlent la position sociale, difficile et affectée, de la femme.
Dans la succession de ces cadres insolites, se lit le désir de changement et progression d’une certaine condition humaine et artistique, la volonté de se libérer de règles et codes liés aux enjeux du genre et à ceux de la recherche visuelle.

 

Détail_Emancipation_2_01_Edition of 7 (2/7)_120 X 77 cm, 2014

 

 

Diptychs and Triptychs

 

Using diptychs and triptychs, thus harking back to the world of painting, allows me to explore time in the taking of photographs—to consider this process as a “compound of times” of greater temporal complexity than mere snapshots. Much like the late nineteenth-century precinematographic models, I try to depict the length of time, the passing of time. This working out of the patient instant leads to exchanges with the photographed object, to a dialectical play, and the resulting photographic writing of metaphor, allegory, story.

Always concerned how the eye progresses in its reading of my works, and enriching them with a variety of visual and multimedia techniques, I keep investigating the relationship between the still and the moving image, the figurative and the abstract, questioning the status of the photographic image and its evolution.

This aspect of my work is further enriched by the telling of fictions, which allow me to depict and to get closer to the reality of the human condition, that of women in particular.

Thus the photographic recording of the performance Sortie Fauve highlights the fragile border between civilisation and animality on the one hand, between the still and the moving picture on the other hand.
Like the extracts of a film shot statically and played in loop, those three images blur and upset the limits between visual genres.
Taking the shape of a visual phantasmagoria, this work contrasts the highly rigid framework of our civilisation that is so car-ridden and stacks people on top of each other, with a feminine model, the latter showing the fiction of life wild and thwarted by this subterranean environment. Reflecting the real state, and the state as it still is, of woman’s role in modern societies.

Emancipation is a digital collage onto a film photograph.
From a section of an old wall stick out small women’s limbs. In this picture there combine the abstract and the figurative, and several layers of reading that unsettle the merely figurative to bring out women’s difficult and endangered social position.
In this series of unusual frameworks there can be seen the wish for change and the progress in some aspects of the human and artistic condition, the wish to free oneself from a number of rules and codes involved in the issues of genre and visual research.

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NAISSANCE

Série de dix photographies, édition limitée -7 ex., 100 x 100 cm, 2012

http://www.francescadibonito.com/naissance/

 

Naissance est une série où la vie et la mort cohabitent et se répondent comme une ombre, un alter ego. Elle en explore les dynamiques et met en scène l’inévitable nature des choses par l’arme de l’ironie et de l’autodérision.

Mais c’est avant tout la figure féminine et son devenir, qui sont mis en lumière.
Créatures grotesques, étrangement séduisantes, ces femmes nous guident dans l’exploration du rêve et de l’imagerie fantastique, mettant l’accent sur l’individu et son évolution.
Hybrides, altérées, elles sont les personnages d’un récit tendu à la frontière entre réel et fiction.

Dans un processus de métamorphose, avec humour et autodérision, ces êtres questionnent les archaïsmes du genre, affirment une condition humaine.

Étrange mascarade qui se raille des canons traditionnels, des passages obligés de la vie d’une femme devenant mère.

 

Naissance a fait l’objet de nombreuses expositions en France et à l’étranger (New York, Paris, Arles, Milan)

 

Naissance 03_Edition of 7 (1/7)_100 x 100 cm_2012

 

 

Naissance 09_Edition of 7 (1/7)_100 x 100 cm_2012

 

 

Naissance 01_Edition of 7 (2/7)_100 x 100 cm_2012

 

 

 

Birth

Series of ten photographs, editions of 7, 100×100cm, 2012

 

Naissance is a series where life and death are to be found together, echoing each other like shadows, like alter egos. The series explores the processes of life and death, staging and warding off the inevitable with the tools of irony and self-mockery.

But it is mostly women and their future that are highlighted.

Grotesque, strangely seductive creatures, those women guide us in the exploration of dream and of fantastic images, laying the stress on individuals and their evolution.

Hybrid, altered, they are the characters of a story stretching at the border between reality and fiction.

Taken along a process of metamorphosis, those beings question with humour and sarcasm the archaic aspects of genre, while affirming the human condition.

A strange farce that mocks at traditional canons and the ritual steps through which the women who become mothers have to go.

 

Naissance has been shown at numerous exhibitions in France, Europe and America (New York, Paris, Arles, Milan).

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Family X Ray

Série de dix photographies, technique mixte (photographie et radiographie), édition limitée -7 ex., 50 x 37 cm (6 œuvres) &
200 x 150 cm (4 oeuvres), 2010

http://www.francescadibonito.com/family-x-ray-2/

 

Des fragments de radiographies dépècent jusqu’au squelette l’univers intime d’un album de famille. Chargées d’émotion et de vécu, ces photographies narrent une histoire où le temps s’écoule sans jamais se défiler. Un récit de la vie où les trois temps – passé, présent et futur – se surimpriment inexorablement.

La radiographie, cet outil qui voit en profondeur, au-delà de la surface de l’épiderme et du regard, est ici le support plastique pour atteindre la famille et ses enjeux.
Armature du vivant, essence brute et impersonnelle de l’humain, le squelette est ce qui reste.

Protagonistes de la Fête des Morts, ces figures proclament l’absence sur une surface envahie par le constat de ce que l’on est. Personnages et souvenirs qui, dans cet instant éternel, abordent la vanité des êtres et des choses.

 

Family X Ray a été finalisée lors d’une résidence artistique de trois mois en France (La Source à la Guéroulde – Eure) et présentée lors de la Biennale d’Art Contemporain de Dieppe.

 

Family X Ray 06_Edition of 7 (1/7)_50 x 37 cm_2010

 

 

 

Family X-Ray

Series of ten photographs mixing the techniques of conventional photography and radiography, editions of  7, 50 × 37 cm (6 works) & ed. of  3, 200 × 150 cm (4 works), 2010

 

Fragments of X-rays unravel to the skeleton the intimate world of a family photo album. Loaded with emotions and life experiences, those photographs tell a story, both capturing time and showing that it passes. A life story wherein past, present and future get inexorably superimposed.

I here use radiography, this tool that sees deep, beyond the surface of the skin and beyond the human gaze, as a plastic support for exploring the family and its issues.
The support of life, the skeleton is also the last witness to it. Raw and impersonal essence of each being.

Protagonists of the Feast of the Dead, those figures proclaim absence on a surface redolent with the statement of what one is. Characters and memories that, in this everlasting instant, reveal the vanity of things and beings.

 

Family X-Ray was finalised during a three-month artistic residence in France (at La Source in Guéroulde, Normandy), and exhibited at the Biennale d’Art Contemporain in Dieppe.

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La Mariée Gantée

Série de sept photographies, édition limitée -7 ex., 100 x 70cm, 2009

http://www.francescadibonito.com/la-mariee-gantee/

 

Une femme vêtue de blanc, maquillée de rouge à lèvres, se pare de gants de vaisselle.

Résultant d’une performance, d’où le choix du flou photographique, une mariée érotisée prend figure et sens autour du vert de ses mains et du voile qui l’habille, tel un extravagant fantôme.

Support d’inscription plastique et d’écriture intime à la fois, le corps est le lieu où peuvent se lire les expériences de notre rapport au monde. Surface d’échange et de communication, il révèle sa tendance à être occulté, reconnu, banalisé, aimé.

Personnage d’un monde onirique, à la frontière du clandestin et du découvert, la Mariée nous interroge sur le corps féminin socialisé et sur l’ancrage de ses stéréotypes.

 

La Mariée Gantée a fait l’objet de nombreuses expositions en France et à l’étranger.

 

La Mariée Gantée 01_Edition of 7 (1/7)_100 x 67 cm_2009

 

 

The Gloved Bride

Series of seven digital photographs, editions of 7, 100 × 70 cm, 2009

 

A woman dressed in white, made up with lipstick, adorns herself with kitchen gloves.

Photographed during a performance, hence the choice of the photographic blur, an erotised bride takes shape and meaning around the green of her hands and the veil that clothes her like an extravagant ghost.

The body, both as plastically wrought and as a support for personal writing, is the place where to read the experiences of our relationship with the world. As a surface for exchange and communication, it reveals how it will be suppressed, trivialised, recognised or loved.

A character in a dream world hovering between the clandestine and the exposed, The Gloved Bride questions us about the socialised bodies of women and the persistence of stereotypes that bear on them.

 

The Gloved Bride has been seen at many exhibits in France.

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